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Merino : ''Pas tous les mêmes infos''

Entraîneur d'Axel Reymond (JETS de Sarcelles), Magali Merino est revenue sur la course de 25 km des Championnats d'Europe, arrêtée dans la confusion et finalement annulée, empêchant un potentiel 4e titre de son protégé (photo : Julien Bigorne)

 

Le 20 août à Ostia (Italie), Axel Reymond, bien plus frais que les Italiens de tête, semblait en mesure de décrocher un quatrième titre de champion d’Europe sur 25 km. Malheureusement, la course s’est achevée dans la confusion, rendant impossible l’établissement d’un classement. Entraîneur d’Axel et des JETS de Sarcelles, Magali Merino revient sur cet épisode surréaliste.

- Qu’est-ce qui, selon toi, à entraîner une telle situation ?

Certains nageurs ont eu une info (l’arrêt de la course), d’autres ont reçu une autre info (que l’épreuve continuait). Mais d’emblée, la course ne débutait pas sur de bonnes bases.

- C’est-à-dire ?

Au vu des conditions météos difficiles, certains nageurs étaient persuadés que l’épreuve serait arrêtée après 15 km et 3h de course, comme le rend possible le règlement. Donc, ces nageurs ont agi comme s’ils faisaient un 15 km et non un 25 km. Ils ont accéléré, fait exploser le peloton, sauté des ravitaillements et se sont mis aussi au rupteur. Sauf que le juge-arbitre n’a pas arrêté la course après 15 km ni à 18 km. En cas d’arrêt, il fallait que les juges avertissent les ravitailleurs pour que les nageurs sachent qu’il ne leur reste qu’un tour à parcourir.

« Certains nageurs ont agi comme s’ils faisaient un 15 km et non un 25 km »

- Au dernier ravitaillement, qu’as-tu dit à Axel ?

Qu’il restait encore 5 tours ! La course n’avait pas été arrêtée, alors que la question s’est posée trois fois. Lui, devait rester sur son schéma de course, c’est-à-dire prendre ses ravitaillements et aller au bout des 25 km. Si la course allait au bout, comme ça aurait dû, il défonçait tout le monde !

Après 18 km, les trois Italiens de tête se dirigent vers le chenal pourtant fermé et tapent la plaque d’arrivée. Volonté délibérée ou info reçue ?

Je ne sais pas. En tout cas, cela confirme que tous les nageurs n’ont pas reçu les mêmes infos. Il y avait déjà eu des problèmes d’organisation sur le même site, aux Mondiaux de 2009. Des nageurs avaient été disqualifiés et ça avait été un bordel monstrueux.

« La course aurait dû aller jusqu’au bout »

- Selon toi, au vu des conditions, est-ce que la course devait être arrêtée avant son terme ?

Par rapport au départ, les vagues étaient plus grosses mais moins régulières. Donc, la course aurait dû continuer. Et là, Axel, plus frais, aurait dû gagner. La course est partie sur des bases beaucoup trop rapides. Par exemple, le Hongrois Peter Galicz (3e des Mondiaux) a pété (sic) en même temps que Matthieu (Magne). Incroyable mais vrai !

- Quel est ton sentiment sur l’arrêt de la course puis son annulation ?

Je suis dégoûtée. C’est du foutage de gueule (sic) ! Lorsque cette situation irréaliste nous est tombée dessus, c’était tellement le bordel, qu’on est restés comme des cons (sic).

- Axel termine ce Championnat sur une bonne note avec une 3e place sur le relais mixte. Sa participation a-t-elle été décidée avant ou après les événements du 25 km ?

Avant. On l’a su trois jours avant. Cette troisième place est une belle performance car, en face, il y avait le podium des Championnats du monde (Allemagne, Hongrie, Italie). C’est sa première médaille internationale en relais. Propos recueillis par Julien BIGORNE

 

Merino : ''Pas tous les mêmes infos''

Entraîneur d'Axel Reymond (JETS de Sarcelles), Magali Merino est revenue sur la course de 25 km des Championnats d'Europe, arrêtée dans la confusion et finalement annulée, empêchant un potentiel 4e titre de son protégé (photo : Julien Bigorne)

 

Le 20 août à Ostia (Italie), Axel Reymond, bien plus frais que les Italiens de tête, semblait en mesure de décrocher un quatrième titre de champion d’Europe sur 25 km. Malheureusement, la course s’est achevée dans la confusion, rendant impossible l’établissement d’un classement. Entraîneur d’Axel et des JETS de Sarcelles, Magali Merino revient sur cet épisode surréaliste.

- Qu’est-ce qui, selon toi, à entraîner une telle situation ?

Certains nageurs ont eu une info (l’arrêt de la course), d’autres ont reçu une autre info (que l’épreuve continuait). Mais d’emblée, la course ne débutait pas sur de bonnes bases.

- C’est-à-dire ?

Au vu des conditions météos difficiles, certains nageurs étaient persuadés que l’épreuve serait arrêtée après 15 km et 3h de course, comme le rend possible le règlement. Donc, ces nageurs ont agi comme s’ils faisaient un 15 km et non un 25 km. Ils ont accéléré, fait exploser le peloton, sauté des ravitaillements et se sont mis aussi au rupteur. Sauf que le juge-arbitre n’a pas arrêté la course après 15 km ni à 18 km. En cas d’arrêt, il fallait que les juges avertissent les ravitailleurs pour que les nageurs sachent qu’il ne leur reste qu’un tour à parcourir.

« Certains nageurs ont agi comme s’ils faisaient un 15 km et non un 25 km »

- Au dernier ravitaillement, qu’as-tu dit à Axel ?

Qu’il restait encore 5 tours ! La course n’avait pas été arrêtée, alors que la question s’est posée trois fois. Lui, devait rester sur son schéma de course, c’est-à-dire prendre ses ravitaillements et aller au bout des 25 km. Si la course allait au bout, comme ça aurait dû, il défonçait tout le monde !

- Après 18 km, les trois Italiens de tête se dirigent vers le chenal pourtant fermé et tapent la plaque d’arrivée. Volonté délibérée ou info reçue ?

Je ne sais pas. En tout cas, cela confirme que tous les nageurs n’ont pas reçu les mêmes infos. Il y avait déjà eu des problèmes d’organisation sur le même site, aux Mondiaux de 2009. Des nageurs avaient été disqualifiés et ça avait été un bordel monstrueux.

« La course aurait dû aller jusqu’au bout »

- Selon toi, au vu des conditions, est-ce que la course devait être arrêtée avant son terme ?

Par rapport au départ, les vagues étaient plus grosses mais moins régulières. Donc, la course aurait dû continuer. Et là, Axel, plus frais, aurait dû gagner. La course est partie sur des bases beaucoup trop rapides. Par exemple, le Hongrois Peter Galicz (3e des Mondiaux) a pété (sic) en même temps que Matthieu (Magne). Incroyable mais vrai !

- Quel est ton sentiment sur l’arrêt de la course puis son annulation ?

Je suis dégoûtée. C’est du foutage de gueule (sic) ! Lorsque cette situation irréaliste nous est tombée dessus, c’était tellement le bordel, qu’on est restés comme des cons (sic).

- Axel termine ce Championnat sur une bonne note avec une 3e place sur le relais mixte. Sa participation a-t-elle été décidée avant ou après les événements du 25 km ?

Avant. On l’a su trois jours avant. Cette troisième place est une belle performance car, en face, il y avait le podium des Championnats du monde (Allemagne, Hongrie, Italie). C’est sa première médaille internationale en relais. Propos recueillis par Julien BIGORNE

 

 

Jouisse : ''Une injustice !''

En tête lorsque le 25 km des Championnats d'Europe s'est achevé dans la confusion avant d'être annulé, Caroline Jouisse (JETS de Sarcelles) s'estime victime d'une injustice (photo : Julien Bigorne)

 

Le 20 août à Ostia (Italie), Caroline Jouisse filait vers le titre européen sur 25 km, lorsque la course s’est achevée dans la confusion et a dû être annulée. Pour la sociétaire des JETS de Sarcelles, qui s’estime championne d’Europe, c’est une incompréhension et une injustice qu’il n’y ait pas de classement.  

 

- Après votre participation aux Mondiaux, quel a été votre programme d'entraînement ?

Magali (Merino) a décidé après les Championnats du monde d’axer la préparation sur plus de vitesse et moins de kilomètres.

- Quels stages avez-vous effectué ?

Je suis allée à Font-Romeu pour une vingtaine de jours, puis à Vichy avec l’équipe de France pour une semaine, et ensuite nous sommes partis avec toute l’équipe de France sur Rome le 14 août.

« Il était probable que la course n’aille pas à son terme »

- Qu’avez-vous pensé du site de compétition à Ostia, lors du repérage ?

Le site était top, le parcours aussi. Lors d’entrainements, nous pouvions nager en mer mais pas sur le même parcours que celui de la course. Je n’y suis allée qu’une seule fois.

- Le jour du 25 km de l'Euro, qu'est-ce qui a été dit lors du briefing ?

Lors du briefing, il a été clairement indiqué qu’il était probable que la course n’aille pas à son terme. Comme d’habitude, les briefings se font en anglais mais il a bien été précisé que si la course était arrêtée avant 15km il n’y aurait pas de classement et que si les 15km étaient dépassés alors le classement compterait. Il a clairement été dit « go until 9 laps and then we will see ».

« Ma seule stratégie était d’être devant » 

- Avez-vous constaté une évolution des conditions météos (vagues, vent, chaleur) entre le départ et l'arrêt de la course ?

La chaleur n’est pas quelque chose qui me gêne. À Budapest, je n’ai pas senti au fur et à mesure de la course que l’eau devenait plus chaude. Donc à Rome, je n’ai pas eu de souci. Concernant les vagues et la houle, nous avons pu constater l’évolution des conditions météo depuis 11h environ. Durant la course, la houle s’est amplifiée mais, comme l’a justement dit Marc-Antoine, c'est aussi le charme de ce sport. Beaucoup plus intéressant que sur le site habituel de Gravelines. Nous avions eu ce même genre de conditions lors de notre stage aux USA où nous étions avec Lisa, Aurélie et Axel. Au moins nous y avions été préparés.

- Quel était votre stratégie de course ?

Je me suis très bien sentie dès le début et je savais que je pouvais faire de belles choses. Je me suis donc énormément amusée sur cette course et j’ai adoré prendre les commandes. Dans ces conditions, la seule stratégie est d’être devant, surtout sachant que l’organisation avait insisté sur le fait qu’après 15km, la course pouvait être arrêtée.

« Le classement aurait dû et doit avoir lieu »

 - Durant les 17 ou 18 kilomètres effectués, quel a été le scénario de la course ? Quel a été votre ressenti ?

Nous étions avec les vagues pendant la moitié du tour et contre les vagues pendant l’autre moitié. J’ai essayé d’adapter ma nage à ces facteurs. Lara a mis une accélération très tôt dans la course pour essayer de faire sauter certaines nageuses (après 5km environ). Après le ravitaillement, je me suis retrouvée à côté d’elle et elle m’a dit de prendre les commandes et de faire le travail pour tenter de créer des écarts. Je me suis donc mise devant et dès ce moment, je n’ai pas été plus loin que la troisième position.

- À quelle position étiez-vous lors de l'arrêt définitif ?

Lors de l’arrêt de la course, je suis indiscutablement devant…

- Apparemment, il y a eu plusieurs arrêts avant le définitif. Comment cela a pu arriver ?

L’arrêt concernant la course des femmes a été clair (drapeau jaune et rouge en croix ce qui signifie que la course stop). Il m’a été dit de faire un tour avant de m’arrêter. J’ai donc fini mon tour entamé, fait un tour comme les juges me l’avaient dit et me suis dirigée vers le finish.

« Si l’organisation a fait des erreurs, ce n’est certainement pas à moi d’en juger et encore moins à nous nageurs d’en subir les conséquences » - Caroline Jouisse

- Pour bien faire comprendre aux lecteurs, dans la chaîne de transmission des infos, qui a pris la décision de l'arrêt et qui était chargé d'avertir les délégations et nageurs ?

La décision a été prise comme il se doit par les juges arbitres. Il ne m’appartient pas de juger ce qu’a fait la LEN (Ligue Européenne de Natation). J’écoute le briefing, je prends connaissance des règlements et j’essaye de m’adapter aux situations.

- Qu'avez-vous pensé lors de l'arrêt définitif ? Pensiez-vous qu'il y aurait un classement malgré tout ?

Que j’étais championne d’Europe. Nous avions dépassé les 15 km donc le classement aurait dû et doit avoir lieu. Concernant la course féminine, les règles ont été respectées donc c’est une incompréhension et une injustice qu’il n’y ait pas de classement…

- Quel est votre sentiment après cette mésaventure que l’on peut qualifier d'inadmissible à ce niveau ?

Mon sentiment est que j’ai gagné. Si l’organisation a fait des erreurs, ce n’est certainement pas à moi d’en juger et encore moins à nous nageurs d’en subir les conséquences.

- Que s'est-il passé entre l'arrêt de la course et la fin de soirée ?

Nous sommes allés nager avec les autres français ayant fait le 25km, Stéphane Lecat et Julien Issoulié sont restés sur places car les chefs de délégation devaient rester afin de prendre une décision avec la LEN. Il ne s’est rien passé de plus en ce qui me concerne. Pourquoi n'y aurait-il pas eu de classement dans la mesure où plus de 15 km avaient été parcourus...

- Pour votre avenir en équipe de France d'eau libre, allez-vous participer à d'autres épreuves en vue de sélections ?

Je suis actuellement au Canada pour une coupe du monde. De nouveaux objectifs seront mis en place pour l’année prochaine avec bien sûr en ligne de mire les championnats du monde de 2023.

Propos recueillis par Julien BIGORNE

Jouisse : ''Une injustice !''

En tête lorsque le 25 km des Championnats d'Europe s'est achevé dans la confusion avant d'être annulé, Caroline Jouisse (JETS de Sarcelles) s'estime victime d'une injustice (photo : Julien Bigorne)

 

Le 20 août à Ostia (Italie), Caroline Jouisse filait vers le titre européen sur 25 km, lorsque la course s’est achevée dans la confusion et a dû être annulée. Pour la sociétaire des JETS de Sarcelles, qui s’estime championne d’Europe, c’est une incompréhension et une injustice qu’il n’y ait pas de classement.  

 

- Après votre participation aux Mondiaux, quel a été votre programme d'entraînement ?

Magali (Merino) a décidé après les Championnats du monde d’axer la préparation sur plus de vitesse et moins de kilomètres.

- Quels stages avez-vous effectué ?

Je suis allée à Font-Romeu pour une vingtaine de jours, puis à Vichy avec l’équipe de France pour une semaine, et ensuite nous sommes partis avec toute l’équipe de France sur Rome le 14 août.

« Il était probable que la course n’aille pas à son terme »

- Qu’avez-vous pensé du site de compétition à Ostia, lors du repérage ?

Le site était top, le parcours aussi. Lors d’entrainements, nous pouvions nager en mer mais pas sur le même parcours que celui de la course. Je n’y suis allée qu’une seule fois.

- Le jour du 25 km de l'Euro, qu'est-ce qui a été dit lors du briefing ?

Lors du briefing, il a été clairement indiqué qu’il était probable que la course n’aille pas à son terme. Comme d’habitude, les briefings se font en anglais mais il a bien été précisé que si la course était arrêtée avant 15km il n’y aurait pas de classement et que si les 15km étaient dépassés alors le classement compterait. Il a clairement été dit « go until 9 laps and then we will see ».

« Ma seule stratégie était d’être devant » 

- Avez-vous constaté une évolution des conditions météos (vagues, vent, chaleur) entre le départ et l'arrêt de la course ?

La chaleur n’est pas quelque chose qui me gêne. À Budapest, je n’ai pas senti au fur et à mesure de la course que l’eau devenait plus chaude. Donc à Rome, je n’ai pas eu de souci. Concernant les vagues et la houle, nous avons pu constater l’évolution des conditions météo depuis 11h environ. Durant la course, la houle s’est amplifiée mais, comme l’a justement dit Marc-Antoine, c'est aussi le charme de ce sport. Beaucoup plus intéressant que sur le site habituel de Gravelines. Nous avions eu ce même genre de conditions lors de notre stage aux USA où nous étions avec Lisa, Aurélie et Axel. Au moins nous y avions été préparés.

- Quel était votre stratégie de course ?

Je me suis très bien sentie dès le début et je savais que je pouvais faire de belles choses. Je me suis donc énormément amusée sur cette course et j’ai adoré prendre les commandes. Dans ces conditions, la seule stratégie est d’être devant, surtout sachant que l’organisation avait insisté sur le fait qu’après 15km, la course pouvait être arrêtée.

« Le classement aurait dû et doit avoir lieu »

 - Durant les 17 ou 18 kilomètres effectués, quel a été le scénario de la course ? Quel a été votre ressenti ?

Nous étions avec les vagues pendant la moitié du tour et contre les vagues pendant l’autre moitié. J’ai essayé d’adapter ma nage à ces facteurs. Lara a mis une accélération très tôt dans la course pour essayer de faire sauter certaines nageuses (après 5km environ). Après le ravitaillement, je me suis retrouvée à côté d’elle et elle m’a dit de prendre les commandes et de faire le travail pour tenter de créer des écarts. Je me suis donc mise devant et dès ce moment, je n’ai pas été plus loin que la troisième position.

- À quelle position étiez-vous lors de l'arrêt définitif ?

Lors de l’arrêt de la course, je suis indiscutablement devant…

- Apparemment, il y a eu plusieurs arrêts avant le définitif. Comment cela a pu arriver ?

L’arrêt concernant la course des femmes a été clair (drapeau jaune et rouge en croix ce qui signifie que la course stop). Il m’a été dit de faire un tour avant de m’arrêter. J’ai donc fini mon tour entamé, fait un tour comme les juges me l’avaient dit et me suis dirigée vers le finish.

« Si l’organisation a fait des erreurs, ce n’est certainement pas à moi d’en juger et encore moins à nous nageurs d’en subir les conséquences » - Caroline Jouisse

- Pour bien faire comprendre aux lecteurs, dans la chaîne de transmission des infos, qui a pris la décision de l'arrêt et qui était chargé d'avertir les délégations et nageurs ?

La décision a été prise comme il se doit par les juges arbitres. Il ne m’appartient pas de juger ce qu’a fait la LEN (Ligue Européenne de Natation). J’écoute le briefing, je prends connaissance des règlements et j’essaye de m’adapter aux situations.

- Qu'avez-vous pensé lors de l'arrêt définitif ? Pensiez-vous qu'il y aurait un classement malgré tout ?

Que j’étais championne d’Europe. Nous avions dépassé les 15 km donc le classement aurait dû et doit avoir lieu. Concernant la course féminine, les règles ont été respectées donc c’est une incompréhension et une injustice qu’il n’y ait pas de classement…

- Quel est votre sentiment après cette mésaventure que l’on peut qualifier d'inadmissible à ce niveau ?

Mon sentiment est que j’ai gagné. Si l’organisation a fait des erreurs, ce n’est certainement pas à moi d’en juger et encore moins à nous nageurs d’en subir les conséquences.

- Que s'est-il passé entre l'arrêt de la course et la fin de soirée ?

Nous sommes allés nager avec les autres français ayant fait le 25km, Stéphane Lecat et Julien Issoulié sont restés sur places car les chefs de délégation devaient rester afin de prendre une décision avec la LEN. Il ne s’est rien passé de plus en ce qui me concerne. Pourquoi n'y aurait-il pas eu de classement dans la mesure où plus de 15 km avaient été parcourus...

- Pour votre avenir en équipe de France d'eau libre, allez-vous participer à d'autres épreuves en vue de sélections ?

Je suis actuellement au Canada pour une coupe du monde. De nouveaux objectifs seront mis en place pour l’année prochaine avec bien sûr en ligne de mire les championnats du monde de 2023.

Propos recueillis par Julien BIGORNE

 

Grangeon : ''Sentiment de déception''

Bien partie pour décrocher un podium sur le 25 km des Championnats d'Europe, Lara Grangeon-De Villele (JETS de Sarcelles) a vu l'épreuve s'achever dans la confusion et être annulée. Une grande déception (photo : Julien Bigorne)

 

Le 20 août à Ostia, Lara Grangeon-De Villele était bien partie pour décrocher un nouveau podium aux Championnats d’Europe de 25 km, après sa 2e place en 2021. Malheureusement, la course n’a pas été jusqu’à son terme, s’est achevée dans la confusion et a dû être annulée en raison de l’impossibilité d’établir un classement. La sociétaire des JETS de Sarcelles revient sur cet épisode déplorable.  

- Après votre titre de championne de France du 25 km et votre participation aux Jeux méditerranéens, quels ont été votre programme et vos stages d’entraînement ?

Après ces deux compétitions, j’ai chopé la COVID-19. J’ai été confinée une semaine aux Jeux Méditerranéens. Après, je me suis remise au travail, d’abord à Monaco. Puis, j’ai participé à une Coupe d’Europe de 10 km à Belgrade qui était obligatoire. Il y a une règle qui stipule qu’on doit participer à une Coupe d’Europe entre deux Championnats d’Europe. Comme j’avais été blessée en début de saison, j’ai disputé celle-ci. Ensuite, j’ai effectué un stage de trois semaines en altitude à Font-Romeu pour reprendre de la caisse et du fond. Enfin, j’ai rejoint l’équipe de France à Vichy. Nous y sommes restés une semaine avant de prendre la direction de Rome (Italie). Depuis les Championnats de France, j’ai mis un gros accent sur l’entraînement pour être en forme à Rome.

- Qu'avez-vous pensé du site de compétition, lors du repérage ?

Le site de compétition était en mer. Il y a plus de vagues qu’autour d’un lac. Les Championnats du monde de 2009 avaient déjà eu lieu à Ostia, près de Rome. Il y avait déjà eu des problèmes en raison des conditions météorologiques. On aurait pu s’attendre à un plan B par rapport à ça. Le parcours en lui-même avait quatre bouées, des bouées directionnelles. C’était un parcours convenable. Après au vu de ce qui s’est passé, j’aurai aimé qu’un plan B soit réfléchi car en 2009, il y avait déjà eu des problèmes par rapport à ça. L’entrée était gratuite pour les spectateurs mais l’ambiance n’était pas grandiose pour un Championnat d’Europe. On avait l’impression que c’était compétition banale.

« En 2009, il y avait déjà eu des problèmes à Ostia en raison des conditions météos. On aurait pu s’attendre à un plan B par rapport à ça  »

- Le jour du 25 km de l'Euro, qu'est-ce qui a été dit lors du briefing ?

La course était prévue initialement le matin. Mais vu qu’il y a eu deux jours en moins en raison des conditions météos, le 5 km est parti le matin et le 25 km l’après-midi, à 13h. Lors du briefing, ils nous ont rappelé la règle. Si jamais les conditions météos se dégradaient, la course pouvait être interrompue. Mais dès qu’on dépassait les 15 km et 3 heures de course, un classement pouvait être rendu. Du coup, avant d’arrêter la course, les organisateurs étaient censés nous prévenir un tour avant l’arrivée. J’ai même demandé s’il fallait aller toucher la plaque, ils m’ont répondu que « non ». Mais tout n’a pas été clairement précisé.

- Avez-vous constaté une évolution des conditions météos (vagues, vent, chaleur) entre le départ et l'arrêt de la course ?

Les conditions se sont dégradées entre le premier et le 5e tour. Au 5e tour, j’ai ressenti beaucoup, beaucoup de vagues et plus de vent. Après, je n’ai pas été gênée par la chaleur. J’avais fait de la thermoroom (de l’effort à 40°C) à Font-Romeu. Entre le 5e et le 9e tour, je n’ai pas senti de dégradation. Les conditions n’étaient certes pas faciles. Il y avait de la vague, du vent, de la houle. Mais on est nageur d’eau libre, pas de bassin. 

« A partir du 5e tour, je n’ai pas senti de dégradation des conditions »

- Quel était votre stratégie de course ?

Être plutôt prudente au début. Sur les efforts de longue distance comme ça, il y a toujours des moments où on se sent très bien, des moments où on se sent moins bien. Si on est très bien tôt, il faut essayer de pas trop partir, car on sait que derrière c’est long, plus de 5h30 d’efforts. Là, en plus, c’était des conditions difficiles. Ma stratégie était de rester au contact des filles tout le temps, ne pas faire de gros efforts. Mais si je voyais des adversaires mal placées, j’essayais d’accélérer au ravitaillement pour les mettre dans une situation de stress et les fatiguer un peu. Mais à aucun moment, je n’ai songé à effectuer un sprint pour partir. Il y a aussi le moment, qui peut être décisif, où les garçons nous rattrapent. Là, j’étais consciente que c’était des tours de 1 600 m et non de 2 500 m et que les garçons nous rattraperaient plus vite. Il fallait avoir de l’énergie à ce moment-là pour accélérer.

- Durant les 17 ou 18 kilomètres effectués, quel a été le scénario de la course ? Quel a été votre ressenti ? À quelle position étiez-vous lors de l'arrêt définitif ? Apparemment, il y a eu plusieurs arrêts avant le définitif. Comment cela a pu arriver ?

Jusqu’à 14 km, tout allait bien. On était 9 au départ. Durant les 10 premiers kilomètres, nous sommes restées à 9. Après, Caroline (Jouisse) et les Italiennes accélèrent au 9e tour. Elles sautent le ravitaillement. Moi, je trouve ça un peu précipité et je n’ai pas l’impression qu’ils vont arrêter la course. Je regarde les bateaux aux alentours et je ne les vois pas arrêter la course à ce moment-là. Du coup, il y a un écart qui se fait. Au passage au 15e km, je suis 4e. Il y a Caroline et les deux Italiennes (Barbara Pozzobon et Veronica Santoni) devant. À ce moment, on ne nous arrête pas, pas du tout. Au 16e km, je les rattrape. Je suis dans les pieds des Italiennes. Et là, une première fois, ils nous arrêtent. Sauf que Caroline, elle, est un peu sur la droite. Elle ne s’arrête pas. Moi, je m’arrête avec les Italiennes et Lisa (Pou) revient avec nous. Ensuite, ils nous disent de continuer. On continue. Et là, dans le 10e tour, une des Italiennes (Veronica Santoni) saute. Caroline est alors seule devant et je suis avec Lisa Pou et Barbara Pozzobon.

«Pour nous, il n’y a pas eu d’arrêt définitif» 

On fait un tour comme ça toutes les trois. Je suis entre la 2e et la 4e place, jusqu’au 11e tour. À ce moment où on repasse devant le ponton de ravitaillement, et les coaches nous disent d’aller jusqu’au finish. Là, Lisa est un peu derrière. Je suis avec l’Italienne. On va vers la plaque mais il n’y a pas de ligne, pas de juges. On s’est alors dirigés vers la plage tranquillement avec l’Italienne. Caroline était devant, ensuite moi et l’Italienne et Lisa derrière nous. Il n’y a pas eu d’arrêt. Un jet-ski n’est pas venu nous arrêter comme ça a été le cas pour Axel (Reymond). On ne nous a pas dit d’aller vers la plage. Mais on a vu Caroline y aller, on a fait de même. Je ne peux pas dire à quelle position j’étais lors de l’arrêt définitif, car pour nous, il n’y a pas eu d’arrêt définitif. Il y a eu trois arrêts mais on nous a dit à chaque fois de repartir.   

- Pour bien faire comprendre aux lecteurs, dans la chaîne de transmission des infos, qui a pris la décision de l'arrêt et qui était chargé d'avertir les délégations et nageurs ?

Je ne sais pas du tout. Normalement, ce sont les juges qui avertissent les ravitailleurs qui, eux-mêmes, sont chargés de nous avertir. Mais je pense qu’il y a eu un gros problème de communication. Je ne peux pas dire plus. Après, nous, on nageait quand même dans des conditions difficiles. Il fallait prendre des caps. On ne sait pas précisément ce qui s’est passé à côté. Mais je pense qu’il y a eu un gros problème de communication, c’est certain.

« Un sentiment de déception »

- Qu’avez-vous pensé lors de l'arrêt définitif ? Pensiez-vous qu’il y aurait un classement malgré tout ?

Il n’y a pas eu d’arrêt définitif…Au 15e km, ils ne nous ont pas arrêtées donc je ne vois pas comment ils auraient pu établir un classement. Personne ne nous a averties d’aller au 15e km à fond. Ils auraient pu peut-être établir un classement lorsqu’ils nous arrêtent une première fois, quand je suis avec les deux Italiennes. Mais à ce moment-là, ils nous arrêtent sans vraiment nous arrêter. Ils nous arrêtent, nous font des signes mais nous disent pas d’accélérer et que c’est le dernier tour. Après, je ne pense pas qu’ils auraient pu faire un classement par rapport à la plage. Avec Pozzobon, par exemple, on ne fait pas de sprint final pour arriver sur la plage.

- Quel est votre sentiment après cette mésaventure que l’on peut qualifier d'inadmissible à ce niveau ?

Un sentiment de déception. C’est beaucoup d’heures d’entraînement, d’investissement de ma part, mais aussi de beaucoup de personnes. Même si c’est moi qui nage, il y a beaucoup de personnes qui m’aident au quotidien pour arriver à ce niveau-là, pour être performante, pour me préparer. Il y a tout le staff de la fédération qui permet d’être fort dans la dernière ligne droite, mais il y a aussi tout au long de l’année notre club, les entraîneurs, la famille, les amis. Et aussi tout le club, Sarcelles. Par exemple, j’ai été obligée de faire une Coupe d’Europe à Belgrade. C’est un coût énorme. Tout ça, sans le club, sans la ligue Ile-de-France, sans la région, ce n’est pas possible. C’est une déception de ne pas pouvoir montrer les capacités du moment, car on s’est préparé pour.

« Je suis déçue qu’il n’y ait pas eu de reprogrammation de la course »

C’était une sélection en équipe de France. Je ne sais pas ce que la LEN va faire. Elle a écrit un mail très général pour s’excuser. Mais ça reste un Championnat d’Europe. J’aurai été pour qu’il y ait une course le lendemain, le surlendemain, qu’ils reprogramment quelque chose. Mais dès le moment où les deux tiers de l’épreuve ont été réalisés, ce n’est plus d’actualité. Si la course avait été annulée avant les 15 km, on aurait repris un départ le plus tôt possible. Mais là, les 15 km étaient passés. Même s’il n’y a pas eu de classement, je suis déçue qu’il n’y ait pas eu de reprogrammation de la course.

- Pour votre avenir en équipe de France d'eau libre, allez-vous participer à d'autres épreuves en vue de sélections ?

Pour être sélectionnée aux Mondiaux, il faudra participer à certaines courses et retrouver sa place en équipe de France. Cela passera par un système de qualification.

Propos recueillis par Julien BIGORNE

 

 

Grangeon : "Sentiment de déception''

Bien partie pour décrocher un podium sur le 25 km des Championnats d'Europe, Lara Grangeon-De Villele (JETS de Sarcelles) a vu l'épreuve s'achever dans la confusion et être annulée. Une grande déception (photo : Julien Bigorne)

 

Le 20 août à Ostia, Lara Grangeon-De Villele était bien partie pour décrocher un nouveau podium aux Championnats d’Europe de 25 km, après sa 2e place en 2021. Malheureusement, la course n’a pas été jusqu’à son terme, s’est achevée dans la confusion et a dû être annulée en raison de l’impossibilité d’établir un classement. La sociétaire des JETS de Sarcelles revient sur cet épisode déplorable.  

- Après votre titre de championne de France du 25 km et votre participation aux Jeux méditerranéens, quels ont été votre programme et vos stages d’entraînement ?

Après ces deux compétitions, j’ai chopé la COVID-19. J’ai été confinée une semaine aux Jeux Méditerranéens. Après, je me suis remise au travail, d’abord à Monaco. Puis, j’ai participé à une Coupe d’Europe de 10 km à Belgrade qui était obligatoire. Il y a une règle qui stipule qu’on doit participer à une Coupe d’Europe entre deux Championnats d’Europe. Comme j’avais été blessée en début de saison, j’ai disputé celle-ci. Ensuite, j’ai effectué un stage de trois semaines en altitude à Font-Romeu pour reprendre de la caisse et du fond. Enfin, j’ai rejoint l’équipe de France à Vichy. Nous y sommes restés une semaine avant de prendre la direction de Rome (Italie). Depuis les Championnats de France, j’ai mis un gros accent sur l’entraînement pour être en forme à Rome.

- Qu'avez-vous pensé du site de compétition, lors du repérage ?

Le site de compétition était en mer. Il y a plus de vagues qu’autour d’un lac. Les Championnats du monde de 2009 avaient déjà eu lieu à Ostia, près de Rome. Il y avait déjà eu des problèmes en raison des conditions météorologiques. On aurait pu s’attendre à un plan B par rapport à ça. Le parcours en lui-même avait quatre bouées, des bouées directionnelles. C’était un parcours convenable. Après au vu de ce qui s’est passé, j’aurai aimé qu’un plan B soit réfléchi car en 2009, il y avait déjà eu des problèmes par rapport à ça. L’entrée était gratuite pour les spectateurs mais l’ambiance n’était pas grandiose pour un Championnat d’Europe. On avait l’impression que c’était compétition banale.

« En 2009, il y avait déjà eu des problèmes à Ostia en raison des conditions météos. On aurait pu s’attendre à un plan B par rapport à ça  »

- Le jour du 25 km de l'Euro, qu'est-ce qui a été dit lors du briefing ?

La course était prévue initialement le matin. Mais vu qu’il y a eu deux jours en moins en raison des conditions météos, le 5 km est parti le matin et le 25 km l’après-midi, à 13h. Lors du briefing, ils nous ont rappelé la règle. Si jamais les conditions météos se dégradaient, la course pouvait être interrompue. Mais dès qu’on dépassait les 15 km et 3 heures de course, un classement pouvait être rendu. Du coup, avant d’arrêter la course, les organisateurs étaient censés nous prévenir un tour avant l’arrivée. J’ai même demandé s’il fallait aller toucher la plaque, ils m’ont répondu que « non ». Mais tout n’a pas été clairement précisé.

- Avez-vous constaté une évolution des conditions météos (vagues, vent, chaleur) entre le départ et l'arrêt de la course ?

Les conditions se sont dégradées entre le premier et le 5e tour. Au 5e tour, j’ai ressenti beaucoup, beaucoup de vagues et plus de vent. Après, je n’ai pas été gênée par la chaleur. J’avais fait de la thermoroom (de l’effort à 40°C) à Font-Romeu. Entre le 5e et le 9e tour, je n’ai pas senti de dégradation. Les conditions n’étaient certes pas faciles. Il y avait de la vague, du vent, de la houle. Mais on est nageur d’eau libre, pas de bassin. 

« A partir du 5e tour, je n’ai pas senti de dégradation des conditions »

- Quel était votre stratégie de course ?

Être plutôt prudente au début. Sur les efforts de longue distance comme ça, il y a toujours des moments où on se sent très bien, des moments où on se sent moins bien. Si on est très bien tôt, il faut essayer de pas trop partir, car on sait que derrière c’est long, plus de 5h30 d’efforts. Là, en plus, c’était des conditions difficiles. Ma stratégie était de rester au contact des filles tout le temps, ne pas faire de gros efforts. Mais si je voyais des adversaires mal placées, j’essayais d’accélérer au ravitaillement pour les mettre dans une situation de stress et les fatiguer un peu. Mais à aucun moment, je n’ai songé à effectuer un sprint pour partir. Il y a aussi le moment, qui peut être décisif, où les garçons nous rattrapent. Là, j’étais consciente que c’était des tours de 1 600 m et non de 2 500 m et que les garçons nous rattraperaient plus vite. Il fallait avoir de l’énergie à ce moment-là pour accélérer.

- Durant les 17 ou 18 kilomètres effectués, quel a été le scénario de la course ? Quel a été votre ressenti ? À quelle position étiez-vous lors de l'arrêt définitif ? Apparemment, il y a eu plusieurs arrêts avant le définitif. Comment cela a pu arriver ?

Jusqu’à 14 km, tout allait bien. On était 9 au départ. Durant les 10 premiers kilomètres, nous sommes restées à 9. Après, Caroline (Jouisse) et les Italiennes accélèrent au 9e tour. Elles sautent le ravitaillement. Moi, je trouve ça un peu précipité et je n’ai pas l’impression qu’ils vont arrêter la course. Je regarde les bateaux aux alentours et je ne les vois pas arrêter la course à ce moment-là. Du coup, il y a un écart qui se fait. Au passage au 15e km, je suis 4e. Il y a Caroline et les deux Italiennes (Barbara Pozzobon et Veronica Santoni) devant. À ce moment, on ne nous arrête pas, pas du tout. Au 16e km, je les rattrape. Je suis dans les pieds des Italiennes. Et là, une première fois, ils nous arrêtent. Sauf que Caroline, elle, est un peu sur la droite. Elle ne s’arrête pas. Moi, je m’arrête avec les Italiennes et Lisa (Pou) revient avec nous. Ensuite, ils nous disent de continuer. On continue. Et là, dans le 10e tour, une des Italiennes (Veronica Santoni) saute. Caroline est alors seule devant et je suis avec Lisa Pou et Barbara Pozzobon.

«Pour nous, il n’y a pas eu d’arrêt définitif» 

On fait un tour comme ça toutes les trois. Je suis entre la 2e et la 4e place, jusqu’au 11e tour. À ce moment où on repasse devant le ponton de ravitaillement, et les coaches nous disent d’aller jusqu’au finish. Là, Lisa est un peu derrière. Je suis avec l’Italienne. On va vers la plaque mais il n’y a pas de ligne, pas de juges. On s’est alors dirigés vers la plage tranquillement avec l’Italienne. Caroline était devant, ensuite moi et l’Italienne et Lisa derrière nous. Il n’y a pas eu d’arrêt. Un jet-ski n’est pas venu nous arrêter comme ça a été le cas pour Axel (Reymond). On ne nous a pas dit d’aller vers la plage. Mais on a vu Caroline y aller, on a fait de même. Je ne peux pas dire à quelle position j’étais lors de l’arrêt définitif, car pour nous, il n’y a pas eu d’arrêt définitif. Il y a eu trois arrêts mais on nous a dit à chaque fois de repartir.   

- Pour bien faire comprendre aux lecteurs, dans la chaîne de transmission des infos, qui a pris la décision de l'arrêt et qui était chargé d'avertir les délégations et nageurs ?

Je ne sais pas du tout. Normalement, ce sont les juges qui avertissent les ravitailleurs qui, eux-mêmes, sont chargés de nous avertir. Mais je pense qu’il y a eu un gros problème de communication. Je ne peux pas dire plus. Après, nous, on nageait quand même dans des conditions difficiles. Il fallait prendre des caps. On ne sait pas précisément ce qui s’est passé à côté. Mais je pense qu’il y a eu un gros problème de communication, c’est certain.

« Un sentiment de déception »

- Qu’avez-vous pensé lors de l'arrêt définitif ? Pensiez-vous qu’il y aurait un classement malgré tout ?

Il n’y a pas eu d’arrêt définitif…Au 15e km, ils ne nous ont pas arrêtées donc je ne vois pas comment ils auraient pu établir un classement. Personne ne nous a averties d’aller au 15e km à fond. Ils auraient pu peut-être établir un classement lorsqu’ils nous arrêtent une première fois, quand je suis avec les deux Italiennes. Mais à ce moment-là, ils nous arrêtent sans vraiment nous arrêter. Ils nous arrêtent, nous font des signes mais nous disent pas d’accélérer et que c’est le dernier tour. Après, je ne pense pas qu’ils auraient pu faire un classement par rapport à la plage. Avec Pozzobon, par exemple, on ne fait pas de sprint final pour arriver sur la plage.

- Quel est votre sentiment après cette mésaventure que l’on peut qualifier d'inadmissible à ce niveau ?

Un sentiment de déception. C’est beaucoup d’heures d’entraînement, d’investissement de ma part, mais aussi de beaucoup de personnes. Même si c’est moi qui nage, il y a beaucoup de personnes qui m’aident au quotidien pour arriver à ce niveau-là, pour être performante, pour me préparer. Il y a tout le staff de la fédération qui permet d’être fort dans la dernière ligne droite, mais il y a aussi tout au long de l’année notre club, les entraîneurs, la famille, les amis. Et aussi tout le club, Sarcelles. Par exemple, j’ai été obligée de faire une Coupe d’Europe à Belgrade. C’est un coût énorme. Tout ça, sans le club, sans la ligue Ile-de-France, sans la région, ce n’est pas possible. C’est une déception de ne pas pouvoir montrer les capacités du moment, car on s’est préparé pour.

« Je suis déçue qu’il n’y ait pas eu de reprogrammation de la course »

C’était une sélection en équipe de France. Je ne sais pas ce que la LEN va faire. Elle a écrit un mail très général pour s’excuser. Mais ça reste un Championnat d’Europe. J’aurai été pour qu’il y ait une course le lendemain, le surlendemain, qu’ils reprogramment quelque chose. Mais dès le moment où les deux tiers de l’épreuve ont été réalisés, ce n’est plus d’actualité. Si la course avait été annulée avant les 15 km, on aurait repris un départ le plus tôt possible. Mais là, les 15 km étaient passés. Même s’il n’y a pas eu de classement, je suis déçue qu’il n’y ait pas eu de reprogrammation de la course.

- Pour votre avenir en équipe de France d'eau libre, allez-vous participer à d'autres épreuves en vue de sélections ?

Pour être sélectionnée aux Mondiaux, il faudra participer à certaines courses et retrouver sa place en équipe de France. Cela passera par un système de qualification.

Propos recueillis par Julien BIGORNE

 

 

Euro : le relais décroche le bronze

L'équipe de France, composée de Logan Fontaine et d'Aurélie Muller et de deux JETS de Sarcelles - Axel Reymond et Madelon Catteau -, a décroché la médaille de bronze sur le relais mixte des Championnats d'Europe (photo : Stéphane Kempinaire / KMSP). 

 

Le 21 août à Ostia (Italie), l’équipe de France a conquis la médaille de bronze sur le relais mixte (désormais au format 4 x 1250 m) aux Championnats d’Europe. Deux sociétaires des JETS de Sarcelles – Madelon Catteau et Axel Reymond – ont contribué à ce podium.

Des premières pour Madelon Catteau et Axel Reymond

Il s’agit du premier podium international senior pour Madelon, qui avait fini 8e sur 5 km et sur 10 km, et de la première médaille sur un relais international pour Axel, qui clôt ce Championnat sur une note positive après l’annulation du 25 km, la veille. Leur performance aux côtés d’Aurélie Muller et de Logan Fontaine est de choix puisqu’ils étaient opposés aux médaillés mondiaux de Budapest (Allemagne, Hongrie, Italie) et à l’Espagne (menée par Maria De Valdes Alvarez, 2e sur 5 km). Ce n’est que la troisième fois en neuf éditions que la France monte sur le podium continental du relais.

3e podium pour la France en 9 éditions

La France a bouclé l’épreuve en 1h00’08, terminant à 25 secondes de l’Italie et à 15 secondes de la Hongrie, mais 16 secondes devant l’Espagne et 35 secondes devant l’Allemagne (dépourvue de Florian Wellbrock). Domenico Acerenza, vainqueur du 10 km le matin même, clôturait le relais de l’Italie, tandis que Krystof Rasovszky, champion d’Europe du 5 km en 2018, achevait celui de la Hongrie. Julien BIGORNE

 

Euro : le relais décroche le bronze

L'équipe de France, composée de Logan Fontaine et d'Aurélie Muller et de deux JETS de Sarcelles - Axel Reymond et Madelon Catteau -, a décroché la médaille de bronze sur le relais mixte des Championnats d'Europe (photo : Stéphane Kempinaire / KMSP). 

 

Le 21 août à Ostia (Italie), l’équipe de France a conquis la médaille de bronze sur le relais mixte (désormais au format 4 x 1250 m) aux Championnats d’Europe. Deux sociétaires des JETS de Sarcelles – Madelon Catteau et Axel Reymond – ont contribué à ce podium.

Des premières pour Madelon Catteau et Axel Reymond

Il s’agit du premier podium international senior pour Madelon, qui avait fini 8e sur 5 km et sur 10 km, et de la première médaille sur un relais international pour Axel, qui clôt ce Championnat sur une note positive après l’annulation du 25 km, la veille. Leur performance aux côtés d’Aurélie Muller et de Logan Fontaine est de choix puisqu’ils étaient opposés aux médaillés mondiaux de Budapest (Allemagne, Hongrie, Italie) et à l’Espagne (menée par Maria De Valdes Alvarez, 2e sur 5 km). Ce n’est que la troisième fois en neuf éditions que la France monte sur le podium continental du relais.

3e podium pour la France en 9 éditions

La France a bouclé l’épreuve en 1h00’08, terminant à 25 secondes de l’Italie et à 15 secondes de la Hongrie, mais 16 secondes devant l’Espagne et 35 secondes devant l’Allemagne (dépourvue de Florian Wellbrock). Domenico Acerenza, vainqueur du 10 km le matin même, clôturait le relais de l’Italie, tandis que Krystof Rasovszky, champion d’Europe du 5 km en 2018, achevait celui de la Hongrie. Julien BIGORNE

 

 

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