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Merino : ''Pas tous les mêmes infos''

Entraîneur d'Axel Reymond (JETS de Sarcelles), Magali Merino est revenue sur la course de 25 km des Championnats d'Europe, arrêtée dans la confusion et finalement annulée, empêchant un potentiel 4e titre de son protégé (photo : Julien Bigorne)

 

Le 20 août à Ostia (Italie), Axel Reymond, bien plus frais que les Italiens de tête, semblait en mesure de décrocher un quatrième titre de champion d’Europe sur 25 km. Malheureusement, la course s’est achevée dans la confusion, rendant impossible l’établissement d’un classement. Entraîneur d’Axel et des JETS de Sarcelles, Magali Merino revient sur cet épisode surréaliste.

- Qu’est-ce qui, selon toi, à entraîner une telle situation ?

Certains nageurs ont eu une info (l’arrêt de la course), d’autres ont reçu une autre info (que l’épreuve continuait). Mais d’emblée, la course ne débutait pas sur de bonnes bases.

- C’est-à-dire ?

Au vu des conditions météos difficiles, certains nageurs étaient persuadés que l’épreuve serait arrêtée après 15 km et 3h de course, comme le rend possible le règlement. Donc, ces nageurs ont agi comme s’ils faisaient un 15 km et non un 25 km. Ils ont accéléré, fait exploser le peloton, sauté des ravitaillements et se sont mis aussi au rupteur. Sauf que le juge-arbitre n’a pas arrêté la course après 15 km ni à 18 km. En cas d’arrêt, il fallait que les juges avertissent les ravitailleurs pour que les nageurs sachent qu’il ne leur reste qu’un tour à parcourir.

« Certains nageurs ont agi comme s’ils faisaient un 15 km et non un 25 km »

- Au dernier ravitaillement, qu’as-tu dit à Axel ?

Qu’il restait encore 5 tours ! La course n’avait pas été arrêtée, alors que la question s’est posée trois fois. Lui, devait rester sur son schéma de course, c’est-à-dire prendre ses ravitaillements et aller au bout des 25 km. Si la course allait au bout, comme ça aurait dû, il défonçait tout le monde !

- Après 18 km, les trois Italiens de tête se dirigent vers le chenal pourtant fermé et tapent la plaque d’arrivée. Volonté délibérée ou info reçue ?

Je ne sais pas. En tout cas, cela confirme que tous les nageurs n’ont pas reçu les mêmes infos. Il y avait déjà eu des problèmes d’organisation sur le même site, aux Mondiaux de 2009. Des nageurs avaient été disqualifiés et ça avait été un bordel monstrueux.

« La course aurait dû aller jusqu’au bout »

- Selon toi, au vu des conditions, est-ce que la course devait être arrêtée avant son terme ?

Par rapport au départ, les vagues étaient plus grosses mais moins régulières. Donc, la course aurait dû continuer. Et là, Axel, plus frais, aurait dû gagner. La course est partie sur des bases beaucoup trop rapides. Par exemple, le Hongrois Peter Galicz (3e des Mondiaux) a pété (sic) en même temps que Matthieu (Magne). Incroyable mais vrai !

- Quel est ton sentiment sur l’arrêt de la course puis son annulation ?

Je suis dégoûtée. C’est du foutage de gueule (sic) ! Lorsque cette situation irréaliste nous est tombée dessus, c’était tellement le bordel, qu’on est restés comme des cons (sic).

- Axel termine ce Championnat sur une bonne note avec une 3e place sur le relais mixte. Sa participation a-t-elle été décidée avant ou après les événements du 25 km ?

Avant. On l’a su trois jours avant. Cette troisième place est une belle performance car, en face, il y avait le podium des Championnats du monde (Allemagne, Hongrie, Italie). C’est sa première médaille internationale en relais. Propos recueillis par Julien BIGORNE