Evènements

Reymond : ''Vraiment extrême !''

Interview d'Axel Reymond, vice-champion du monde de 25 km en eau libre (photo : Julien Bigorne)

 

Le 30 juin, au Lac Lupa (Hongrie), Axel Reymond est devenu le 5e nageur à décrocher une troisième médaille aux Championnats du monde de 25 km en eau libre. Sous une canicule mémorable, le sociétaire des JETS de Sarcelles a mené la course durant plus de 2h30, distancé un à un ses rivaux avant de céder au sprint face à Dario Verani. Il lui a manqué 50 mètres et 1’’2 pour conserver son titre. Mais il fait un vice-champion du monde plein de panache. Le 7 juillet, le protégé de Magali Merino est revenu, pour nous, sur cette course d’exception.    

- Ce 25 km des Mondiaux de Budapest restera dans les annales. Qu’en retiens-tu ?

Axel Reymond : Les conditions étaient vraiment extrêmes. On a commencé avec deux heures d’avance sur l’horaire prévu. Départ à 7 heures. A 5h30, l’eau était déjà à 27° C et il faisait déjà 20° C en extérieur. On savait que ça allait être chaud. Mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi chaud. À 10 heures, l’eau était à 29° C et la température extérieure à 40°C…

- Le scénario a-t-il été conforme à tes attentes ?

La course, ça a été 12,5 km d’attente, de placement, de regards sur les adversaires. Pas grand-chose à raconter là-dessus. J’ai pris la tête à partir du 13e kilomètre, sans repasser derrière quelqu’un. J’ai essayé de mener mon allure, comme je le fais d’habitude, pour les épuiser au mieux avant le sprint final. Mais ça a été très dur car il fallait bien boire. J’ai bu tout ce qu’il y avait dans mes bouteilles. Mais je n’ai pas assez bu par rapport à la chaleur et au temps qu’il faisait. J’étais vraiment déshydraté sur le dernier tour. J’ai peiné à faire un sprint dans le chenal ce qui a permis à l’Italien (Dario Verani) de revenir fort et de faire 15 derniers mètres à fond.

- Tu as dit avoir été complètement déshydraté. As-tu sauté un ravitaillement ou as-tu bu un peu moins sur un ravitaillement ?

Non, non. J’ai bu toutes mes bouteilles. Le seul problème : c’est ce que j’avais l’habitude de boire sur un 25 km quand l’eau est à 20° C et la température à 20° C. On avait mis une bouteille à côté, sauf que je n’avais pas le temps de la boire. J’ai fait au mieux. Et après chaque ravitaillement, je lançais des accélérations mais ils me rattrapaient à chaque fois.

- Dans le dernier tour, tu as distancé tout le monde sauf l’Italien Dario Verani. Est-ce que tu t’es dit que tu pouvais l’emporter au sprint comme lors des derniers Mondiaux (face à Drattchev, Occhipinti et Ruffini) ?   

En 2019, je l’avais emporté au sprint sur un 25 km où j’étais bien à la fin. Là, je le sentais : j’étais vraiment lourd, je manquais de quelque chose. Je ne le sentais pas du tout le dernier sprint. J’ai passé la bouée. Il restait 300 mètres. Et j’étais vraiment mal. J’avais eu de la peine à semer les autres. Quand j’ai senti ses mains sur mes pieds, je n’ai pas paniqué mais j’ai senti que ce serait très dur. Quand je l’ai vu déboiter sur mon côté droit, j’ai essayé de mettre quelques bras tendus, quelques jambes pour essayer de garder une vitesse constante pour le battre. Mais je n’ai pas réussi. Il a joué et tiré son épingle du jeu. Son objectif, c’était de rester dans les pieds de tous les autres jusqu’au sprint final. Il a vraiment bien joué.

- Ceci dit, c’est ta 3e médaille sur un Championnat du monde de 25 km. Tu fais partie des cinq nageurs dans l’histoire de l’eau à réussir cette performance…

Oui. Et puis, faire un gros train comme ça, il y en a pas beaucoup qui en sont capables. Ils le savent très bien les autres.

- Combien de kilomètres parcoures-tu à l’entraînement pour atteindre de tels résultats internationaux ?

En moyenne entre 90 et 100 kilomètres par semaine. Parce qu’il y a les stages où on fait plus, et les semaines d’affutage où on fait moins. À l’année, j’en suis à 4 200 kilomètres.

- C’est un sacerdoce. Parmi les nageurs, c’est toi qui fait le plus de kilomètres ?

Parmi les nageurs d’eau libre et de 25 km, c’est effectivement moi.

Propos recueillis par Julien BIGORNE