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Jouisse : ''Une injustice !''

En tête lorsque le 25 km des Championnats d'Europe s'est achevé dans la confusion avant d'être annulé, Caroline Jouisse (JETS de Sarcelles) s'estime victime d'une injustice (photo : Julien Bigorne)

 

Le 20 août à Ostia (Italie), Caroline Jouisse filait vers le titre européen sur 25 km, lorsque la course s’est achevée dans la confusion et a dû être annulée. Pour la sociétaire des JETS de Sarcelles, qui s’estime championne d’Europe, c’est une incompréhension et une injustice qu’il n’y ait pas de classement.  

 

- Après votre participation aux Mondiaux, quel a été votre programme d'entraînement ?

Magali (Merino) a décidé après les Championnats du monde d’axer la préparation sur plus de vitesse et moins de kilomètres.

- Quels stages avez-vous effectué ?

Je suis allée à Font-Romeu pour une vingtaine de jours, puis à Vichy avec l’équipe de France pour une semaine, et ensuite nous sommes partis avec toute l’équipe de France sur Rome le 14 août.

« Il était probable que la course n’aille pas à son terme »

- Qu’avez-vous pensé du site de compétition à Ostia, lors du repérage ?

Le site était top, le parcours aussi. Lors d’entrainements, nous pouvions nager en mer mais pas sur le même parcours que celui de la course. Je n’y suis allée qu’une seule fois.

- Le jour du 25 km de l'Euro, qu'est-ce qui a été dit lors du briefing ?

Lors du briefing, il a été clairement indiqué qu’il était probable que la course n’aille pas à son terme. Comme d’habitude, les briefings se font en anglais mais il a bien été précisé que si la course était arrêtée avant 15km il n’y aurait pas de classement et que si les 15km étaient dépassés alors le classement compterait. Il a clairement été dit « go until 9 laps and then we will see ».

« Ma seule stratégie était d’être devant » 

- Avez-vous constaté une évolution des conditions météos (vagues, vent, chaleur) entre le départ et l'arrêt de la course ?

La chaleur n’est pas quelque chose qui me gêne. À Budapest, je n’ai pas senti au fur et à mesure de la course que l’eau devenait plus chaude. Donc à Rome, je n’ai pas eu de souci. Concernant les vagues et la houle, nous avons pu constater l’évolution des conditions météo depuis 11h environ. Durant la course, la houle s’est amplifiée mais, comme l’a justement dit Marc-Antoine, c'est aussi le charme de ce sport. Beaucoup plus intéressant que sur le site habituel de Gravelines. Nous avions eu ce même genre de conditions lors de notre stage aux USA où nous étions avec Lisa, Aurélie et Axel. Au moins nous y avions été préparés.

- Quel était votre stratégie de course ?

Je me suis très bien sentie dès le début et je savais que je pouvais faire de belles choses. Je me suis donc énormément amusée sur cette course et j’ai adoré prendre les commandes. Dans ces conditions, la seule stratégie est d’être devant, surtout sachant que l’organisation avait insisté sur le fait qu’après 15km, la course pouvait être arrêtée.

« Le classement aurait dû et doit avoir lieu »

 - Durant les 17 ou 18 kilomètres effectués, quel a été le scénario de la course ? Quel a été votre ressenti ?

Nous étions avec les vagues pendant la moitié du tour et contre les vagues pendant l’autre moitié. J’ai essayé d’adapter ma nage à ces facteurs. Lara a mis une accélération très tôt dans la course pour essayer de faire sauter certaines nageuses (après 5km environ). Après le ravitaillement, je me suis retrouvée à côté d’elle et elle m’a dit de prendre les commandes et de faire le travail pour tenter de créer des écarts. Je me suis donc mise devant et dès ce moment, je n’ai pas été plus loin que la troisième position.

- À quelle position étiez-vous lors de l'arrêt définitif ?

Lors de l’arrêt de la course, je suis indiscutablement devant…

- Apparemment, il y a eu plusieurs arrêts avant le définitif. Comment cela a pu arriver ?

L’arrêt concernant la course des femmes a été clair (drapeau jaune et rouge en croix ce qui signifie que la course stop). Il m’a été dit de faire un tour avant de m’arrêter. J’ai donc fini mon tour entamé, fait un tour comme les juges me l’avaient dit et me suis dirigée vers le finish.

« Si l’organisation a fait des erreurs, ce n’est certainement pas à moi d’en juger et encore moins à nous nageurs d’en subir les conséquences » - Caroline Jouisse

- Pour bien faire comprendre aux lecteurs, dans la chaîne de transmission des infos, qui a pris la décision de l'arrêt et qui était chargé d'avertir les délégations et nageurs ?

La décision a été prise comme il se doit par les juges arbitres. Il ne m’appartient pas de juger ce qu’a fait la LEN (Ligue Européenne de Natation). J’écoute le briefing, je prends connaissance des règlements et j’essaye de m’adapter aux situations.

- Qu'avez-vous pensé lors de l'arrêt définitif ? Pensiez-vous qu'il y aurait un classement malgré tout ?

Que j’étais championne d’Europe. Nous avions dépassé les 15 km donc le classement aurait dû et doit avoir lieu. Concernant la course féminine, les règles ont été respectées donc c’est une incompréhension et une injustice qu’il n’y ait pas de classement…

- Quel est votre sentiment après cette mésaventure que l’on peut qualifier d'inadmissible à ce niveau ?

Mon sentiment est que j’ai gagné. Si l’organisation a fait des erreurs, ce n’est certainement pas à moi d’en juger et encore moins à nous nageurs d’en subir les conséquences.

- Que s'est-il passé entre l'arrêt de la course et la fin de soirée ?

Nous sommes allés nager avec les autres français ayant fait le 25km, Stéphane Lecat et Julien Issoulié sont restés sur places car les chefs de délégation devaient rester afin de prendre une décision avec la LEN. Il ne s’est rien passé de plus en ce qui me concerne. Pourquoi n'y aurait-il pas eu de classement dans la mesure où plus de 15 km avaient été parcourus...

- Pour votre avenir en équipe de France d'eau libre, allez-vous participer à d'autres épreuves en vue de sélections ?

Je suis actuellement au Canada pour une coupe du monde. De nouveaux objectifs seront mis en place pour l’année prochaine avec bien sûr en ligne de mire les championnats du monde de 2023.

Propos recueillis par Julien BIGORNE