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Jouisse : « C’était positif »

Interview de Caroline Jouisse, 4e sur le relais mixte et 5e sur le 25 km aux Championnats du monde en eau libre de Budapest (photo : Julien Bigorne)

 

Lauréate du Grand Prix FINA 2021 (la Coupe du monde d’ultra-marathon), Caroline Jouisse a participé à ses premiers grands Championnats depuis six ans, à l’occasion des Mondiaux en eau libre de Budapest (Hongrie). Dans les eaux du Lac Lupa, la sociétaire des JETS de Sarcelles a notamment terminé 4e du relais mixte 4x1500 m nage libre et 5e du 25 km. La protégée de Magali Merino, que nous avons rencontrée le 7 juillet à l’entraînement, à 48 heures de sa participation à la Coupe du monde de Paris, est revenue sur ces expériences.  

Le 26 juin, tu as débuté tes Mondiaux par le relais. Quels ont été tes sensations ?

Caroline Jouisse : J’étais très stressée car ma participation a été décidée à l’INSEP peu de temps avant le départ et aussi parce que je me sentais comme le maillon faible de l’équipe. Aurélie (Muller) nage 16’22 au 1500 m, moi 17’10… De plus, quelque chose de nouveau a été mis en place à Budapest : pour le passage de relais, il fallait toucher une plateforme et le nageur suivant pouvait courir et s’élancer. Je n’étais pas très à l’aise avec ça. On a donc décidé de me mettre en première position. Il y a eu une très bonne entente au sein de l’équipe. Ils ont vu que j’étais stressée, ils m’ont mis à l’aise. J’en ressors satisfaite. Sur mon relais, quatre équipes, dont l’Espagne, se sont faites disqualifiées en ratant une bouée (…). Nous avons été un peu frustrés de finir 4e même si nous visions un top 5. Nous, les filles, notre rôle était de rester dans les pieds de l’Allemagne et l’Italie, qui étaient les nations les plus fortes. On a tous fait un bon job, je pense. Donc, c’était positif.

Quatre jours plus tard, tu as été en tête du 25 km… 

Oui, j’ai été en tête de la course vers la fin mais je n’y suis pas restée longtemps. À mon sens, ce n’était pas à moi d’être devant, même si je me sentais bien à ce moment-là. Il y avait Ana Marcela (Cunha), qui finit championne du monde pour la cinquième fois ; Sharon (Van Rouwendaal) et d’autres filles qui ont de gros palmarès. Je me suis mis devant et après, je me suis dit : « Ce n’est pas à toi d’être là ». Donc, je me suis replacée derrière. Mais la course a été compliquée aussi. Pendant 12 bornes, j’ai galéré ! J’ai mis la moitié de la course à me mettre dedans et à trouver ma nage.

Dans la dernière partie de course, on a pu voir que tu ne prenais pas les mêmes caps que les autres filles. Était-ce voulu ou pas ?  

Ce n’est pas que je n’étais plus lucide (sourire). C’était voulu. Dans le dernier tour, je passe le ravito et Mag me dit que je suis sixième. Et de mon ressenti, je vois les filles partir complètement à l’intérieur. Or, dans le tour d’avant, on avait passé une bouée en faisant un tour complètement à 180. Je me suis dit : « On ne va pas se rajouter encore un peu plus de distance ». Je les ai vues partir complètement à gauche. Je suis partie à droite. Et il se trouve que plus la ligne avançait, plus j’étais beaucoup trop à droite. Ma trajectoire était mauvaise à la fin de la ligne. Mais j’ai quand même réussi à reprendre 5 secondes sur les filles. Donc, c’était intéressant. Et l’autre ligne, je reviens quasiment dans les pieds de l’Italienne. Elle a bifurqué à gauche pour reprendre les filles. Je ne l’ai pas fait et au final, je ne les ai jamais rattrapées…sauf la seconde Allemande dans le final.  

Après ces expériences, à quelles courses vas-tu participer cet été ?

Je serai ce week-end à la Coupe du monde de Paris sur le 10 km et le relais. Ensuite, les Championnats d’Europe, on ne connaît pas encore la sélection qui sera dévoilée le 12 juillet. Je devrai faire le 25 km et peut-être le 10 km.

Propos recueillis par Julien BIGORNE