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Reymond conserve son titre mondial

La baie de Yeosu, à l’extrémité méridionale de la Corée du Sud, semble tout droit sorti d’une scène d’Apocalypse. Le déluge transperce un ciel d’encre et un vent violent souffle sans répit sur une mer agitée formant de fortes vagues. Jamais depuis leur création en 1991, les Mondiaux de natation en eau libre n’ont connu de conditions si dantesques pour une épreuve de 25 km. Nager près de 5 heures sous ces éléments déchaînés fait passer les 24 concurrents pour des forçats, des héros d’un autre temps. Le suspense, de surcroît, reste entier. À l’approche du chenal d’arrivée, ils sont encore six à viser le titre.

Course dantesque

Un sprint de 800 m s’engage. Le Russe Drattcev (3e en 2013 et 2017) cède le premier. Puis, l’Australien Edwards et les Italiens Ruffini (titré en 2015) et Occhipinti (2e aux Universiades sur 1 500 m). C’est alors qu’apparaît Axel Reymond, au coude-à-coude avec le Russe Belyaev (vice-champion d’Europe en titre). Jusqu’aux ultimes mètres, son rival semble conserver un léger avantage. Mais le sociétaire de l’Aas Sarcelles Natation parvient à l’instant décisif, à mieux s’extirper des flots et à déployer son immense bras gauche jusqu’à la plaque jaune d’arrivée. Photo-finish, quand même. Mais suspense de courte durée. Le Valdoisien est bien vainqueur pour 3 dixièmes de seconde… après 4h51’06 d’un effort à peine imaginable.

Immense exploit

Le 19 juillet, le protégé de Magali Merino est ainsi devenu le premier nageur depuis 17 ans (et le Russe Yury Kudinov, lauréat de 2000 à 2002) à conserver le titre mondial sur 25 km. Il est le seul Français à repartir avec la médaille d’or sur cette 19e édition des Mondiaux de nage en eau libre, réussissant là où Logan Fontaine et Aurélie Muller (2e sur 5 km), Marc-Antoine Olivier (2e sur 10 km) et Lara Grangeon (3e sur 25 km) avaient échoué de peu. Sa victoire, indispensable, a également placé la France sur le podium du classement des nations. «Je n’ai jamais vu des conditions comme ça, mais ce n’est que du bonheur, j’adore... En début de course, j’ai essayé de partir, mais il y avait trop de vagues. Au final, ça ne s’est joué à rien. Dans le chenal, je n’y croyais plus. Puis, j’ai fait une magnifique touche, je ne sais comment», raconte le nageur sarcellois, 20e sportif valdoisien sacré champion du monde élite en individuel depuis le régatier Jean-Claude Stafler en 1969.

«Axel a prouvé qu’il était un immense champion. Sur cette distance, qui nécessite un entraînement Xxl (4500 km par an) et une assiduité hors norme, il avait déjà été champion du monde (en 2017 à Balaton), champion d’Europe (en 2014 et en 2016) et 7 fois champion de France (entre 2012 et 2018). Et pourtant, il m’a épaté», confie Guy Canzano, le président de l’Aas Sarcelles Natation.

(Julien Bigorne / www.sportspassion95.fr)

Retrouvez l'article paru dans La Gazette du Val-d'Oise du 24 juillet 2019 et les photos de l'événement